dimanche 27 mars 2011

cocept théorique du fourm


le forum
Le forum est outil technologique instrumentant l’activité en mode asynchrone, où les pairs échangent sur les concepts, sur les situations. Elle crée l’interaction textuelle entre individus qui communiquent dans cet espace numérique ( Peraya, charlier et Henri, 2006).
Avantages
C’est un outil de travail collaboratif, favorise les interactions avec les pairs et autres tuteurs.
Inconvénients
problème de monocanalité parce que seul texte est utilisé et on ne tient pas compte du son et de la gestuelle

samedi 26 mars 2011

Le Chat, concepts théoriques, Avantages et inconvenients, exemples, usages pédagogiques

1) concepts théoriques

Le t’chat est un terme générique qui désigne un type de communication interactif qui se produit de manière synchrone sur un canal de discussion déterminé. Les utilisateurs peuvent dialoguer dans des salles de discussion (1) ou tenir des conversations privées avec des amis sélectionnés en utilisant des services de messagerie instantanée (2)

Le t’chat est un moyen de communication très informel analogue aux conversations qui se déroulent face à face entre deux ou plusieurs personnes. Les conversations au moyen du t’chat sont généralement constituées de texte saisi au clavier pouvant être enrichi par des flux de lecture en continu (3) de vidéo ou de son par l'intermédiaire de casques audio ou de webcams. Cette forme de communication instantanée diffère du courrier électronique, qui n’exige pas que le destinataire et l’expéditeur soient présents simultanément.


2) avantages et inconvénients
Le t'chat présente quelques inconvénients que l'on peut contouner surtout au niveau des enfant en leur conseillants de toujours chatter dans les salon de chat correspondant à leur classe d'âge et dans lequel il existe un modérateur permanent. Une autre pécaution consiste à ne jamais publier des informations personnelles (photos de soi-même, nom...) ou d'aller à la rencontre physique avec quelqu'un que l'on a rencontré dans un salon de chat sans se faire accompagner par un adulte lorsqu'on est mineur. ceci permet d'éviter les pédophiles que l'on rencontre sur le net ainsi que certains usurpateurs d'identité. une autre solution consiste à éviter les salons de chat pour préférer les chats par messageries instantanées comme yahoo messenger ou skype parce que dans ces derniers cas, l'utilisateur peut inclure ou exclure qui il veut de sa liste de contacts

3) critiques de exemples (3) d'utilisations pédagogiques trouvés sur le net

4) utilisations possibles dans notre pratique professionnelle

5) Bibliographie
(1) http://en.wikipedia.org/wiki/Chatroom
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Messagerie_instantanée
(3) http://en.wikipedia.org/wiki/Streaming
http://www.coe.int/t/dghl/standardsetting/internetliteracy/Source/Lit_handbook_3rd_fr.swf

Le Forum, concepts théoriques, Avantages et inconvenients, exemples, usages pédagogiques

1) concepts théoriques

Un forum est un groupe de discussion asynchrone ou caque participant dépose son message électronique généralement en l’absence des autres ou bien sans aucune possibilité d’interaction directe entre les membres du groupe. Il existe des centaines de miliers de forums électroniques dans le monde et les plus actifs reçoivent plusiers centaines de messages par jour. Les contributions individuelles sont divisés en fils de discussion ou les messages sont classés par ordre chronologiques et selon l’identité de l’expéditeur. Les forums électroniques remontent aux jours pré-internet et leur usages sont encore très répandus aujourd’hui et la plupart des serveurs et des plateformes éducatives offrent cette possibilité aux internautes dont les enseignants ne représentent qu’une infime partie. Avant d’examiner les usages pédagogiques des forums électroniques, il convient d’abord de jetter un regard sur ce qu’ils offrent comme avantages et ce qu’ils recèlent comme inconvenients.


2) avantages et inconvenients

2.1 – les avantages des forums

Ressources très utiles pour trouver une information, les forums peuvent favoriser des discussion d’une grande richesse et développer l’aptitude au débat du public cible qui dans le contexte éducatif est constitué d’élèves ou d’étudiants, l’enseignant ou même un autre élève jouant le rôle responsable de modérateur. Les acquis du forum peuvent être réinvestis par l’enseignant ou les élèves dans diverses situations pédagogiques

2.2 – les inconvenients du forum

Comme dans toute situation de communication de masse utilisant les technologies Internet , le forum n’échappe pas aux risques et autre problème d’éthique qui ne manquent pas de se poser : Très peu de forum sont animés par un modérateur permanent et les dérapages découlant de cette non surveillance sont légion, favorisant la diffusion du contenu illicite sans souci des droits d’auteurs ou bien des contenus diffamatoires, pédofiles, injuriant ou portant atteinte à l’honneur d’autrui ou alors des propos menant à une polémique dont se serait passée les participants si un oeil bienveillant les avait décelé à temps pour en empêcher la publication.


3) critiques de exemples (3) d'utilisations pédagogiques trouvés sur le net

3.1 - premier exemple

http://lyceemarocain.forumpersos.com/t233-cours-et-exercice-de-lycee-telechargeables#774. Ce site qui se présente comme le lycée virtuel marocain est un vaste forum où on retrouve un coin pour l'administration du site, un autre pour les élèves de niveau collège, un autre coin encore pour les élèves de niveau Lycée. Le site sucite aussi une discussion sur les principales oeuvres ou matières au programme et possède des liens vers d'autres sites ou vers des ressources éducatives. seul bémol, le site a des fleurs en excès sur un fond tirant vers le rouge ou le rose


4) utilisations possibles dans notre pratique professionnelle

5) Bibliographie

http://www.coe.int/t/dghl/StandardSetting/InternetLiteracy/InternetLiteracyHandbook_3_FR.asp


q'est ce qu'un blog?

voilà une vidéo qui nous décrit ce qu'un blog sa fonctionnalité  on peut le télécharger à ce lien
[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/x840d8_questce-quun-blog-y_lifestyle[dailymotion]

Le blog, concept théorique, Avantages et Inconvénients, critiques d'exemples (3) et Utilisation possibles dans la pratique professionnelle pédagogique

1) - Concept théorique

Le blog, étymologiquement l’abréviation de web log, journal de bord est une page web, constitués d’articles réguliers sur un sujet donné, qui s’agglomèrent au fil des heures, des jours ou des mois selon la périodicité des mise à jours effectuées par son auteur ou ses auteurs selon qu’il s’agit d’un blog personnel ou d’un blog collectif. L’autre aspect du blog c’est la rapidité avec laquelle sa popularité croit par rapport à un journal papier traditionnel. Le lien est pratiquement direct entre l’auteur et le lecteur. Le blog est visible par tout le monde sur internet et tout internaute peut interagir avec le texte en y portant des commentaires qui appellent par ricochet une nouvelle réaction de l’auteur qui créera alors un ou de nouveaux billets.

Au début de l’année 2011, on dénombre environ 156 millions de blogs, qui publient au rythme d’un millions d’articles par jour. Cette croissance quasi exponentielle est dû est fait le processus de création d’un blog n’a aucune instance de censure comme dans la production d’un journal papier. Bien plus des logiciels en ligne permettant la création facile de blogs existent et gratuitement permettant ainsi à tout internaute de créer un ou des blogs sur des sujets aussi passionnant que la vie extraterrestre, l’éducation primaire, ou tout simplement les faits marquant sa vie quotidienne qui à d’autres époques aurait réellement figurés dans un carnet intime ou dans un vrai journal de bord.

2) - Avantages et inconvénients

2.1 - Avantages

Le blog a une grande facilité de publication qui ne nécessite aucune connaissance dans les langages à balise généralement utilisés par les informaticiens dans la production des pages web. Des logiciels ou des sites spécialisés dans la création des blogs prolifèrent sur le net à l'instar de blogger, permettant à l'internaute lambda de créer rapidement un blog qui est directement visible par tous les internautes du monde entier qui peuvent alors interagir instantanément avec l'auteur et même entre eux par leurs commentaires contrairement au journal en version papier où l'interaction lorsqu'elle existe est très lente. Le blog au contraire peut rapidement devenir une œuvre coopérative, collaborative, communautaire

2.2 - Inconvénients

Beaucoup de blogs sont éphémères ou inactifs, généralement abandonnés par leurs auteurs. Plusieurs dérives sont possibles sur un blog.

La première dérive implicite et l’égocentrisme de la quasi-totalité de blogs dont le but premier inavoué est d’afficher ou vendre l’identité de leur auteur.

Au-delà du l’article, c’est parfois un affairisme insoupçonné qui soutient l’activité du bloggeur qui trouve par là l’occasion de faire du bruit autour d’un sujet à des fins pécuniaires, politiques ou juste par pure sophisme sans réelle avancée dans la construction de la connaissance. Dans ce dernier cas, le blog devient un bavardage auto-entretenu qui s’écarte totalement du sujet de l’article initial.

Sur certains blogs, ce sont des attaques personnelles qui sont légion, tournant certains participants au ridicule. Le blogueur est de ce fait tenu pour civilement responsable des propos tenus sur son blog. Il devrait donc veiller à ne laisser visibles que les commentaires et les articles ne causant aucun préjudice quelconque à autrui.

3) critiques de exemples (3) d'utilisations pédagogiques trouvés sur le net

3.1 - Le mauvais exemple

Le site http://edublog.tarbiya.ma/blogs/education_oujda/archive/2010/07/07/68750.aspx est un exemple typique d'usage détournée 'un blog. Mis à part le fait qu'il cite sa source (http://www.lesoir-echos.com/2010/07/02/programme-genie-premier-bilan-de-la-strategie-2009-2013) qu'il reprend in extenso, ce site n'apporte rien de nouveau à l'article en question. Il comporte très peu de commentaires, le dernier remontant à plus d'un mois, ce qui dénote une mauvaise politique de mise à jour. En fait, ce blog utilise le thème éducatif juste comme un tremplin pour son véritable objet qui consiste à vanter des produits tels que le viagra qui n'ont rien à voir avec l'objet affiché du blog. Les commentaires en bas de pages, mal présentés sont en réalités des liens commerciaux probablement peu recommandables à la jeunesse. blog à censurer.

3.2 - Un exemple de blog jeune ou d'appel à contribution

Le blog "scénarios pédagogiques embarqués" de Jean-Paul Moiraud, Professeur de gestion, Lycée La Martinière Diderot, Lyon situé à l'adresse http://moiraudjp.wordpress.com/ est blog exploratoire qui amorce des observations permettant d'analyser, réfléchir, formaliser et mutualiser les idées sur cestaines questions qui sont pour l'instant restées sans réponses sur le blog : 1) - qu’est ce qu’un blog pédagogique ? 2) - qu’est ce que la pédagogie embarquée ? 3) - quel est l’intérêt de scénariser la pédagogie embarquée ? 4) - peut-on mutualiser les scénarios de pédagogie embarquée ? 5) - peut-on essaimer un scénario SPE ?

Ce blog est encore jeune, n'a encore reçu aucun commentaire. peut-être n'a-t-il pas suscité l'intérêt escompté chez les pairs ou encore est-il trop abstrait pour un public non averti. On peut même penser que ce blog est mort parce que l'auteur n'a pas continué le développement du questionnement dont l'intérêt pédagogique est pourtant certain. Le principal avantage de ce blog est son miroir sur http://lewebpedagogique.com/moiraud. Cette disponibilité dédoublée témoigne de la volonté de l'auteur de s'affirmer ou s'afficher comme penseur ou contributeur notoire par rapport aux questions soulevées. L'intérêt de ce blog inachevé est donc d'abord égocentrique parce que en fin de compte, c'est plus les informations sur l'auteur qui sont en évidence sur cette page que le développement des concepts soulevés. Sa seule chance de survie est que les pairs de l'auteur ou les lecteurs éventuels trouvent en ce blog un appel à contribution.

3.3 - Un exemple de blog pédagogique vivant

Le site Franceapprentissage.fr créé en le 14 février 2008 propose aujourd'hui plus de 2800 formations en ligne. Son blog tenu par Jean-Marie Dusseigneur à l'adresse http://www.franceapprentissage.fr/blog/index.php, enregistrait déjà 4500 vistites un mois plus tard contre 572 321 visites en décembre 2010. Même si les divers articles enregistrent très peu de commentaires, leur pertinence sur le problèmes de l'apprentissage en France justifient la barre de 500 000 pages et plus consultés mensuellement sur ce site. Ce site combine harmonieusement chat, blog, forum avec possibilité de contribution ouverte à tout internaute.

3.4 - Un exemple de blog pédagogique institutionnel

http://www.educnet.education.fr/lettres/pratiques5675/lettres/pratiques5675/tic/blogs/enseigner-le-francais-par-les-blogs. Ce site présente les usages pédagogiques du blog dans l'enseignement du français comme une démarche exploratoire ou aucun chemin n'est balisé à l'avance mais fait appel à la capacité de chaque enseignant à se surpasser pour trouver un usage pédagogique à ce nouvel outil technologique dans les pratiques courante de sa classe. L'article explore diverses facettes d'utilisation pédagogiques du blog avant de s'arrêter sur quatre constantes pratiquement communes à tous les blogs :

– l’écriture des billets par un auteur (ou deux, trois auteurs) bien identifié, confronté à des lecteurs divers qui ne sont que des pseudonymes, fait qu’il s’agit toujours d’une écriture personnelle. Même sur les blogs politiques ou commerciaux, ce qui caractérise l’écriture, c’est la forte présence de la subjectivité et de la personnalité de l’auteur ;

– la publication d’un billet quotidien, ou régulier, crée une attente chez les lecteurs. La présentation des billets par ordre chronologique inverse met en valeur leur accumulation et leur succession chronologique. Le dernier « billet » apparaît en haut de la page d’accueil, sa date y joue un rôle essentiel : c’est elle qui montre que le blog est « vivant ». Le blog est donc, avant toute chose, une chronique personnelle, c’est sans doute là sa principale caractéristique éditoriale ;

– les commentaires placent le blogueur dans l’interactivité, la réactivité au public. Plus important encore, c’est le nombre de commentaires qui témoigne directement de la popularité d’un blog ;

– enfin, les « rétroliens », ou les liens que les blogs tissent entre eux, contribuent à inscrire l’auteur du blog dans un petit cercle de blogueurs intéressés aux mêmes thèmes : se créent ainsi de petites communautés virtuelles.

4) utilisations possibles dans notre pratique professionnelle

Il existe plusieurs applications pédagogiques du blog du point de vue de l'enseignant, du point de vue de la pratique éducative dans une classe et du point de vue de l'apprenant.

4.1 - du point de vue de l'enseignant

L'enseignant a deux principaux usages. Premièrement, le blog lui permet d'interagir avec ses pairs pour un regard réflexif sur sa pratique professionnelle grâce aux commentaires portés sur son blog. C'est dans ce cadre que l'enseignant peut engager avec ses collègues une réflexion sur les nouvelles pratiques pédagogiques nécessaires pour intégrer les nouveaux outils pédagogiques utilisant les TIC par exemple. Deuxièmement, le blog lui permet de mettre à la disposition de ses élèves des ressources sous toutes les formes : textes, son, images animés et inanimés, vidéo... Ce dernier usage du blog aboutit à un site web pédagogique facile à créer sans passer par un quelconque langage à balises. L'enseignant peut alors passer à des tâches collaboratives où les élèves participent activement à la construction de leur propre savoir.

4.2 - du point de vue de la conduite de la classe

Sur le blog, l'enseignant peut donner des instructions sur l'utilisation d'un matériel pédagogique particulier, il peut partager avec les élèves sur les idées d'activités à réaliser en classe, prolonger sur le blog certaines activités commencées en classe par des conseils de lecture, des insistances et des commentaires sur certaines parties du cours, amorcer sur le blog certaines notions nécessaires à l'assimilation du prochain cours (prérequis). Le blog peut permettre au professeur de souligner les parties importantes (à retenir) d'un cours ou de mettre à dispositions des ressources complémentaires et enrichissantes pour le cours le cours tel que dispensé magistralement. Cela peut par exemple consister en des exercices supplémentaires permettant tantôt une contextualisation des acquis du cours, tantôt une bonne assimilation de certains concepts ne pouvant être abordé intégralement dans le contexte limité du cours magistral. Les élèves pourront alors y accéder à partir de leur portable en dehors des heures de cours si l'établissement dispose d'un réseau wifi, ou directement à partir des postes libres du réseau de l'établissement ou même à partir de leur domicile. La séance magistrale devient alors dans ce contexte une séance d'étayage ou de tutorat. Le site http://netdays04.over-blog.com/ montre un exemple de blog ayant permis à une classe de réaliser une écriture collaborative sur le thème jeu de langue, langues en jeu. L'atout principal du blog dans une salle de classe peut résider dans cet aspect d'outil collaboratif ou chaque élève participe moyennant l'étayage de l'enseignant à construire un savoir utile à l'ensemble de la classe.

4.3 - du point de vue de l'apprenant

Le blog personnel de l'apprenant peut être un outil d'auto-évaluation tout au long de l'année de ce que l'élève produit comme textes ou devoirs par rapport au cours ou aux thèmes de recherche sur internet donnés par le professeur. ceci peut faire l'objet de ses propres commentaires ou de ses pairs et même d'une guidance voire même une correction par le professeur. Le blog dans ce dernier cas devient un cahier d'exercices virtuel, élément de liaison entre l'enseignant et l'apprenant

5) Bibliographie


http://www.francparler.org/parcours/blogs_applications.htm#tuteur


http://fr.wikipedia.org/wiki/Blog


http://www.franceapprentissage.fr/blog/index.php?General

article sur le blog pédagogique

 

Résistance pédagogique : voici pourquoi nous avons d'ores et déjà remporté une bataille

Le 29 juin 2009
Résistance pédagogique : voici pourquoi nous avons d'ores et déjà remporté une bataille

par le mouvement des enseignants du primaire en résistance pédagogique fédérés en réseau par le blog Résistance pédagogique pour l'avenir de l'école

Le moment est venu de faire un premier bilan, à chaud, d'une année pas tout à fait comme les autres. Une année de mise en œuvre des « réformes » qui ont mis à mal l'esprit de l'école publique, désorganisé des équipes enseignantes, instillé le doute et parfois l'abattement de nombreux enseignants. Mais aussi une année exceptionnelle de contestation où des milliers d'enseignants du primaire sont entrés, pour la première fois, en désobéissance pédagogique ouverte.

Car le fait majeur, inédit, de cette année est incontestablement l'émergence d'un mouvement de résistance pédagogique qui s'est affiché au grand jour et de façon autonome. Ce mouvement spontané, organisé en réseau grâce à internet, sur la base notamment de la publication de lettres personnelles, puis collectives, de désobéissance, a pris à contre-pied à la fois la hiérarchie et les syndicats. Au fil des mois, il a montré toute sa vigueur, sa créativité, son endurance et sa force, au point que le blog Résistance pédagogique qui fédère ce mouvement, est devenu l'un des plus visités de la galaxie contestatrice chez les enseignants du primaire.

L'idée forte que nous avons réussi à faire passer et qui restera désormais ancrée dans les esprits est que le fonctionnaire enseignant a, au nom de sa conscience et de sa raison, le devoir de ne pas obéir inconditionnellement aux ordres, aux lois, aux décrets et aux dispositifs pédagogiques qu'il juge contraires à son éthique et ses convictions. A travers le mot « désobéisseur » qui s'est imposé d'emblée dans les débats et les médias, il y a cette idée d'une désobéissance lucide, responsable, motivée en conscience et qui assume les conséquences de ses actes. Il y a l'idée d'une désobéissance en tant que lutte collective susceptible de créer de nouveaux rapports de force avec le pouvoir.

Désobéir n'est pas un « caprice », comme nous l'avons parfois entendu, mais un acte authentique de résistance, qui porte l'exigence d'une démarche personnelle et collective :

-  Ne pas trahir sa conscience et son rôle d'enseignant en refusant d'appliquer des dispositifs pédagogiques qui constituent un reniement des valeurs profondes auxquelles nous sommes attachés, ce qui veut dire de continuer à travailler selon ses convictions, sans se renier, dans l'intérêt de tous les élèves.

-   Rendre impossible l'application des réformes contestées. Le pouvoir a besoin de la collaboration active des enseignants pour que les réformes soient une réalité dont il peut se prévaloir. La non-collaboration massive est une action collective qui se fixe pour objectif de neutraliser ces réformes détestables.

Affirmer que ce mouvement de désobéissance n'est pas syndical parce qu'il procède d'un engagement personnel, considérer la désobéissance civile comme une démarche individuelle alors qu'elle est essentiellement une action collective sont des mauvais procès qui cachent mal un embarras face à une action certes « syndicalement incorrecte », mais exigeante dans sa radicalité et potentiellement puissante dans sa capacité à créer une pression forte et durable sur le pouvoir. La résistance pédagogique est un levier qui agit directement en direction du politique en ce qu'elle porte des valeurs et des exigences d'une école au service d'une société juste et solidaire.

Nous avons obtenu le soutien massif des parents d'élèves et cela est décisif. Partout où les enseignants en désobéissance se sont affichés, ils ont été soutenus par les parents d'élèves, de la classe, de l'école et au-delà. La FCPE a régulièrement pris position en faveur des désobéisseurs. Les parents d'élèves ont écrit aux inspecteurs d'académie qui sanctionnaient les enseignants désobéisseurs. Ils ont participé aux collectes pour alimenter les caisses de solidarité. Nous avons réussi à rendre populaire, à notre échelle, un mouvement de résistance pédagogique souvent perçu comme une réponse adaptée à une situation de déconstruction du service public d'éducation.

En terme d'image, nous avons également marqué un point important. Celui de ne pas être catalogués sur le registre d'un mouvement seulement contestataire, « extrémiste » ou « gauchiste », malgré les efforts du ministère pour accréditer cette thèse. Nous sommes apparus comme des enseignants consciencieux et responsables, soucieux de la réussite de tous les élèves, investis sur le terrain pédagogique et prêts à prendre des risques pour défendre une certaine idée de l'école. Qui plus est, nous nous sommes d'emblée inscrits dans un mouvement qui veut porter des propositions et des projets alternatifs. Le « programme constructif » est en effet la face positive de la désobéissance civile que Martin Luther King aimait nommer « contestation créatrice ».

Seulement une cinquantaine d'enseignants sur 3 000 désobéisseurs ont été sanctionnés par des retraits de salaire plus ou moins importants. Le caractère parfaitement arbitraire et discriminatoire des sanctions traduit un embarras certain de l'administration à l'égard de cette action inédite. Certains IEN n'ont pas fait remonter les lettres de désobéissance et ont « protégé » les enseignants désobéisseurs. Lorsque les IA ont fait pression sur les IEN pour « traquer » les désobéisseurs, la chasse a donné de maigres résultats : soit les IEN validaient les projets alternatifs, soit ils fermaient les yeux… L'essentiel était pour eux que les IA ne soient pas informés de l'existence de désobéisseurs dans leur circonscription. Et tout le monde était satisfait…

Nous n'avons pas cédé face aux sanctions financières décidées par l'administration et cela a été déterminant dans la dynamique de notre action. Le pouvoir espérait faire plier les enseignants en touchant à leur portefeuille. Il doit se rendre à l'évidence, il a échoué dans cette tentative. Les désobéisseurs sanctionnés ont tenu bon ! La mise en place de caisses de solidarité a permis non seulement de rendre dérisoires les retraits de salaire, mais a donné une dimension collective à notre action car de la France entière et même de territoires lointains, des parents, des enseignants, des retraités, des résistants, des centaines de citoyens attachés à l'école publique nous ont aidé à la défendre en nous envoyant une partie de leur salaire ou de leurs revenus. Qu'ils en soient chaleureusement remerciés ! Cette répression disproportionnée et choquante s'est d'ailleurs le plus souvent retournée contre les inspections académiques, car elle a contribué à populariser le mouvement des enseignants désobéisseurs, à susciter le soutien des syndicats et plus largement des citoyens à notre démarche. Il n'en reste pas moins que des enseignants isolés ont vécu difficilement cette épreuve. Pressions, intimidations, menaces, sanctions, c'est collectivement que nous devons apprendre à y faire face. C'est pourquoi l'organisation de collectifs locaux d'enseignants en résistance et de collectifs parents/enseignants ont été bien souvent des espaces de solidarité, de soutien et d'initiatives pour permettre à la lutte de se consolider et de s'étendre, malgré la répression.

Nous sommes également parvenus à susciter l'intérêt des médias locaux et nationaux à notre action et donc à la cause de l'école publique en danger. La plupart des articles et des reportages nous ont été favorables. Bien évidemment, nous aurions pu espérer une couverture médiatique plus importante, à la hauteur de l'enjeu de cette résistance. La voix des enseignants du primaire n'a pas le prestige des enseignants du secondaire, des universitaires ou des chercheurs, mais la radicalité, l'audace de la démarche engagée et le nombre d'enseignants désobéisseurs méritaient probablement un meilleur traitement.

Nous avons obtenu des soutiens de plusieurs personnalités du monde éducatif à notre démarche, notamment Philippe Meirieu, Hubert Montagner et André Ouzoulias. Des personnalités politiques comme Jack Lang, des députés, des maires ont publiquement soutenu les enseignants en résistance. Des Résistants comme Stéphane Hessel et Raymond Aubrac ont apporté leur caution à ce mouvement au nom des valeurs portées par le Conseil National de la Résistance.

Nous avons interpellé les syndicats et engagé le dialogue, localement, malgré des divergences un peu trop rapidement affichées par certains d'entre eux à l'égard de la désobéissance. Si nous n'avons pas réussi à convaincre cette année les syndicats majoritaires de reprendre à leur compte l'action collective de désobéissance, comme l'a fait Sud Education depuis le début. Nous avons néanmoins réussi à faire bouger quelques lignes, notamment chez le syndicat majoritaire, le SNUipp, qui envisage, parmi les actions à venir, le « boycott » de l'aide personnalisée à la rentrée. Le boycotte sera bien sûr une action de désobéissance pédagogique.

Cependant, la question à laquelle doivent répondre les syndicats qui veulent encore se battre contre ces « réformes » est double :

-          Avez-vous réellement la volonté de neutraliser les lois qui déconstruisent le service public d'éducation ?

-          Si oui, quels sont les moyens d'action que vous allez mettre en œuvre pour construire un véritable rapport de force avec le pouvoir ?

Au nom de ces deux questions et au vu du bilan plus que décevant de leur action de cette année, les syndicats ne peuvent aujourd'hui échapper au débat sur la nécessité de revisiter leur logiciel de résistance. La désobéissance civile et pédagogique ne peut plus être balayée d'un revers de main par des arguments plus ou moins fallacieux et injustes. Elle doit devenir le débat autour duquel se structurent les futures résistances que l'on ne veut pas perdre.

Si nous n'avons pas réussi - et comment aurait-il pu en être autrement sans le relais des syndicats - à créer un mouvement plus massif de résistance pédagogique, nous avons néanmoins réussi à enfoncer un coin dans le dispositif de l'aide personnalisée dont le Ministère pensait qu'il serait appliqué avec notre approbation, au nom de l'objectif louable de l'aide aux élèves en difficulté.

Nous avons également réussi à contester sérieusement les évaluations nationales, avec l'engagement du syndicat majoritaire, par la désobéissance (refus de passation totale ou partielle, refus de remontée). 22% de non remontées sur les évaluations CM2 et combien d'évaluations partielles sur les 78% qui sont remontées ? Appliquée de façon massive, la désobéissance pédagogique est une arme imparable. Elle abolit de fait le dispositif contesté, sans que l'administration puisse avoir une quelconque prise, même  par la répression qui devient impossible à grande échelle.

Nous avons introduit un débat majeur sur la question de la légitimité de la désobéissance civile en démocratie. Les enseignants désobéisseurs considèrent bien évidemment qu'il est de leur devoir d'accomplir leurs missions avec loyauté dans le respect de la réglementation en vigueur. Mais lorsque des lois et des décrets contreviennent à l'esprit de justice et d'équité, ils affirment que c'est un devoir d'y désobéir. Ainsi, le démantèlement du service public d'éducation méthodiquement organisé par les « réformes » successives du Ministère constitue une injustice profonde qui justifie une action de résistance par la non-collaboration.

Malheureusement, notre action n'a pas toujours été bien comprise, même par ceux qui contestaient les contre réformes de Xavier Darcos. Il nous reste un grand travail d'explication sur les raisons qui légitiment aujourd'hui la résistance par la désobéissance pédagogique. Rappelons-en quelques-unes, elles seront encore à l'ordre du jour à la rentrée :

  • La plupart des « réformes » ont été imposées à la profession sans une concertation digne de ce nom. Les projets du gouvernement concernant l'école primaire sont passés en force, sans débat, souvent par décret du ministre. L'esprit de la démocratie a été malmené dans cette affaire.
  • Nous n'avons pas été entendus, au printemps 2008, lorsque nous avons massivement contesté par la voie légale les « réformes » que nous devons appliquer aujourd'hui. A nos mobilisations et nos revendications par les grèves, les manifestations et les pétitions, le ministre a opposé tantôt le mépris, tantôt le silence.
  • Certains dispositifs (nouveaux programmes, aide personnalisée, évaluations nationales) constituent des éléments structurants de la mise en place d'un esprit de compétition entre les élèves, les enseignants et les établissements scolaires. Ils portent également atteinte à notre liberté pédagogique qui est pourtant un principe réaffirmé dans les textes du gouvernement. Ils heurtent profondément la conscience de nombre d'enseignants qui ne peuvent se résoudre à les appliquer car ce serait tout simplement se renier.
  • Le dispositif de l'aide personnalisée qui a été au centre de l'action de désobéissance, n'a pas pour objectif d'aider les élèves en difficulté, mais de justifier la disparition de centaines de postes du RASED, effective dès la prochaine rentrée. Cette injustice qui va aggraver la situation des élèves en difficulté légitime à elle seule une résistance par la désobéissance, tout particulièrement en refusant d'appliquer réglementairement l'aide personnalisée sur le temps hors scolaire et en mettant en œuvre des projets alternatifs pour l'ensemble des élèves.
  • Cette désobéissance pédagogique est affichée au grand jour auprès de notre hiérarchie, notamment par l'envoi de lettres. Elle est publique, professionnelle et désintéressée. Elle a vocation à montrer la force de conviction des enseignants en résistance qui parfois paient le prix fort pour leur action alors qu'ils assurent l'intégralité de leur service auprès des élèves.
Nous avons également montré que cette désobéissance est responsable car elle s'accompagne de la mise en œuvre de projets pédagogiques alternatifs qui visent à donner mieux à l'ensemble des élèves en difficulté, à leur permettre de retrouver confiance en eux-mêmes, à donner du sens aux apprentissages et à valoriser l'esprit de coopération et de solidarité au sein de la classe. Désobéir ne signifie pas mal faire son travail, mais l'accomplir autrement en mettant tout en œuvre pour répondre aux missions qui nous ont été confiées.

Nous avons cependant encore une grande bataille à mener vis-à-vis de l'opinion publique face à la désinformation du pouvoir à notre encontre. Celui-ci n'hésitera pas à user de tous les stratagèmes pour nous discréditer et nous affaiblir. La répression pourrait être encore plus sévère, notamment sur le plan disciplinaire. A nous de faire en sorte qu'elle soit politiquement risquée pour le pouvoir en suscitant davantage de solidarité et de soutien à notre démarche.

Ce mouvement de résistance pédagogique n'en est qu'à ses débuts. Il lui reste à se structurer pour entretenir une lutte qui, sur le long terme, portera ses fruits. Nous ne pouvons nous permettre de lâcher prise face à cette entreprise de démolition programmée de l'école publique. En conscience, nous savons que nous ne laisserons pas le dernier mot à la fatalité du désespoir. Car résistance rime avec espérance.

a propos du blog

c'est un outil pour prendre les notes, on peut également l'utiliser comme outil de gestion et de partage des infos, des nouvelles bref c'est outil qui facilite l'interaction entre une communauté d'internaute. mais qui présente aussi ses limites entre autre le phénomène de blogsquat, et l'impossibilité de contrôle des réponses des intervenants dans un sujet donné.